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Les recherches démontrent que les personnes ayant une hygiène orale pauvre ou des maladies de gencives sont plus à risque de développer l’Alzheimer comparés à ceux qui ont une bouche en santé.

VRAI OU FAUX ?

 

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui augmente significativement avec l’âge. Son début peut être précoce (40-50 ans) ou tard dans une vie. Elle se caractérise par la dégénérescence progressive et irréversible des cellules nerveuses. La disparition de ces cellules entraîne le déclin continu des capacités cognitives – autrefois appelées capacités intellectuelles. Cette dégénérescence survient après une longue attaque inflammatoire produite par de hauts niveaux de cytokines proinflammatoires dans le cerveau. Dans les premiers stades de la maladie, le patient peut expérimenter des pertes de mémoires légères. Mais plus la maladie dégénère,  plus les individus perdent leur capacité à parler, faire des gestes et répondre à leur environnement. Les derniers stades de la maladie se traduisent par la démence et la mort du patient.

De leur côté, la parodontie est la gingivite sont des affections orales communes où des bactéries nocives relâchent des cytokines proinflammatoires dans la circulation systémique qui dessert notre bouche et notre corps au grand complet. Les symptômes de la maladie sont le saignement facile des gencives et la perte de leur attache, la résorption de l’os autour des dents et dans les cas plus sévères, la mobilité des dents qui doivent être extraites.

L’exposition hâtive à l’inflammation chronique dans la vie (arthrite, gingivite, parodontie, etc.) peut quadrupler le risque d’un individu à développer la maladie d’Alzheimer selon les chercheurs à la Conférence Internationale de l’Association de l’Alzheimer sur la Prévention de la Démence.

Les chercheurs de l’Université du Centre de Lancashire (UCLAN) dans le Royaume-Uni ont découvert la présence de bactéries appelées Porphyromonas gingivalis dans le cerveau des patients atteints de démence lorsqu’ils étaient en vie. Cette bactérie est retrouvée en grande proportion dans la bouche des gens atteints de gingivite et de parodontie chronique. Pour l’étude, 10 échantillons provenant de cerveau de patients atteints de démence ont été donnés pour analyse en plus de 10 échantillons de cerveau de gens qui n’ont pas la maladie. Seuls les cerveaux de patients atteints de démence présentaient la bactérie Porphyromonas  gingivalis.

 

Cette découverte se rajoute à d’autres recherches antérieures. En 2010, l’Université de New York a révélé une évidence à long terme reliant l’inflammation gingivale et la maladie d’Alzheimer en augmentant le risque de dysfonction cognitive. Une mauvaise hygiène orale augmenterait le risque de perte d’autonomie des gens atteint de la maladie d’Alzheimer en les empirant, passant d’un déficit cognitif léger à la démence.

 

Le docteur Keshava Abbayya a poussé ses recherches. L’inflammation pourrait servir à connecter les maillons entre la parodontie et la maladie d’Alzheimer. La parodontie a une tendance à s’infiltrer dans la circulation systémique avec ses médiateurs inflammatoires et empirer les maladies systémiques ou déséquilibrer les maladies contrôlées comme l’athérosclérose, les endocardites, les AVCs, les maladies pulmonaires, les naissances prématurés et les bébés de petits poids, la difficulté à contrôler la glycémie d’un patient diabétique, la polyarthrite rhumatoïde, la maladie d’Alzheimer, etc.

 

Le professeur St John Crean, de l’École de Dentisterie Médicale à UCLAN, explique ceci de sa nouvelle recherche :

« Tandis que les dernières recherches ont indiqué un lien entre la démence et d’autre bactérie et virus comme l’Herpès Simplex de type 1, cette nouvelle recherche indique la possibilité d’une association entre la maladie de gencive et les individus susceptibles de développer la maladie d’Alzheimer si exposés aux déclencheurs appropriés. »

 

L’Association Dentaire Américaine a poussé plus loin en révisant au peigne fin les données de 20 000 participants en Suède du registre des jumeaux identiques à la recherche de paires discordantes, c’est-à-dire de seulement un jumeau atteint de démence. Dans ces cas-là, le jumeau souffrant d’Alzheimer présentait des maladies de gencive et des dents mobiles alors que le jumeau en santé avait une santé buccale normale. Or, depuis plusieurs années, les recherches ont montré que la maladie d’Alzheimer est fortement génétique; si un des jumeaux à la maladie, le jumeau identique a 60% de chance de développer la maladie. Ils ont conclu que le fardeau inflammatoire précoce dans la vie, représenté ici par la maladie parodontale chronique, peut avoir des conséquences sévères plus tard.

D’un autre côté, une autre théorie fait surface. Le Dr Crean de l’École de Médecine et Dentisterie à l’Université du Centre de Lancashire en Angleterre mentionne que les résultats sont très encourageants. « Nous avons montré une association et non une cause à effet ». Les recherches ne montrent en rien ou ne démontrent pas que des bactéries spécifiques causent l’Alzheimer. Elles démontrent seulement que les bactéries ont plus de chance de se rendre au cerveau des individus atteints. Ceci est facilement compréhensible car les plaques beta-amyloïde retrouvées dans le cerveau des patients souffrant d’Alzheimer causent de l’inflammation. Cette inflammation peut faire en sorte que la barrière imperméable du cerveau devienne poreuse et les bactéries résistantes, comme celles qui causent la gingivite, puissent faire leur chemin au cerveau.

En conclusion, il est trop tôt pour dire que la gingivite et la parodontie sont des causes directes de la maladie d’Alzheimer. Par contre, il est juste d’affirmer qu’un patient avec la maladie d’Alzheimer présentant une haute concentration de bactéries qui entraîne une réponse inflammatoire (gingivite-parodontie) verra son état empirer plus rapidement. Il est donc toujours préférable de prévenir et réduire la progression de la maladie parodontale pour éviter les effets sur le reste de la santé.

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